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LE GÉNIE EST-IL CONDAMNABLE?
Par Denis Lapierre Le génie, c’est Roman Polanski. Brillant cinéaste qui a donné dans les années 70 les films Rosemary’s Baby et Chinatown, et, plus récemment, le Pianiste, tous primés aux Oscars. L’homme a connu une vie mouvementée. Sa jeune épouse Sharon Tate a été assassinée d’horrible manière en 1969 par le tueur en série Charles Manson. Accusé en 1977 de relations sexuelles avec une mineure de 13 ans, il plaide coupable et s’apprête à recevoir sa sentence lorsque, craignant une lourde peine, il s’enfuit des Etats-Unis où il est toujours considéré comme un fugitif plus de 30 ans. Cette opprobre le suivra toute sa vie même si sa victime a publiquement tourné la page sur cet épisode. Il ne peut plus retourner aux États-Unis, où il a tout de même purgé 47 jours de prison, et sa réputation est entachée à jamais. Voilà qu’après plusieurs années, la police suisse, alors qu’il a toujours été très facile de localiser Roman Polanski, décide de le livrer aux États-Unis à l’occasion d’un festival de cinéma. Une levée de boucliers, basée sur les évènements ou arguments ci-dessus mentionnés, se fait entendre des milieux intellectuels, surtout en Europe mais également en Amérique du Nord et au Québec. Cette affaire n’est pas sans rappeler celle de Guy Lafleur. Bien que son infraction ait été infiniment moins grave, les gens qui ont connu Lafleur, partisans ou journalistes sportifs, ont réagi à sa condamnation pour faux témoignage. On soulève qu’il s’agit d’une légende, d’un modèle, d’un ambassadeur, d’un homme généreux dédié à plusieurs causes et enfin d’un père de famille qui agissait pour protéger son fils. Dans un cas comme dans l’autre, la question se pose. Qu’est-ce qui rendrait un individu au-dessus des lois, et qui aurait le pouvoir de le décider? Est-ce à dire que les gens inconnus sont davantage redevables de leurs actes que les célébrités? Bien sûr, poser la question c’est y répondre. Nul n’est au-dessus de la loi. Tous sont égaux en droit, quelles que soient les circonstances. Tous les arguments soulevés par les intellectuels, amateurs de cinéma ou fans de sports peuvent trouver écho sur sentence à l’occasion d’un plaidoyer de culpabilité ou d’une condamnation. Mais en aucun cas ils ne devraient exempter une personne de faire face à sa responsabilité pénale. Cela est fondamental dans le maintien d’un état de droit. Denis Lapierre est avocat associé à l’étude Lalonde Geraghty Riendeau Lapierre de Saint-Jérôme et Président du conseil d’administration d’En Scène. Par Denis Lapierre Ca y est, l’été est arrivé (on a coutume de dire « les beaux jours », mais enfin!). La plupart d’entre-nous planifient leurs vacances et nous en profitons pour prendre une pause bien méritée qui, fatalement, finira par nous apparaître trop courte. Ce n’est pas le cas de tout le monde. J’entends très souvent des gens plus ou moins proches de moi déclarer, ou littéralement se vanter, de n’avoir pris aucune vacances depuis deux, trois, quatre, cinq ans. On porte cette déclaration comme un trophée, comme une victoire. Mais dites-moi, quelle gloire y a-t-il, à ne prendre aucun repos? Quelle victoire cela représente t-il de faire supporter à ses proches sa mauvaise humeur ou sa fatigue, inévitables? En quoi cette façon de négliger sa santé physique et mentale est-elle un acte admirable? En quoi le fait de foncer dans le mur est-il un acte courageux? Au Québec, la Loi sur les normes du travail prévoit un minimum de vacances obligatoire pour chaque salarié. Est-ce à dire que les employeurs, les travailleurs autonomes ou les entrepreneurs indépendants ont moins besoin de repos? Manifestement non. Ils n’ont pas le temps de se consacrer à cette activité? À d’autres! De bonnes vacances sont, à moyen et à long terme, une bonne façon de sauver du temps. Quelques semaines par année, bien planifiées, sont beaucoup plus faciles à gérer qu’une période indéterminée cloué au lit ou incapable de travailler en raison de surmenage, de dépression ou d’épuisement. Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dira, l’air épuisé et le teint blafard, qu’il n’a pas pris de vacances depuis 4 ans, accueillez le avec compassion et non avec admiration. Il n’est pas courageux, il est stupide. Bonnes vacances! Denis Lapierre est avocat associé à l’étude Lalonde Geraghty Riendeau Lapierre de Saint-Jérôme Par Denis Lapierre
L’Écho du Nord, publié le 27 mai 2009
Les arts de la scène représentent une contribution appréciable à l’économie de la région jéromienne. En 2008-2009, ce sont 52 000 personnes que le diffuseur En Scène a attirées au centre ville de St-Jérôme. Tous ces gens en profitent pour souper, acheter, prendre un verre, faire le plein ou autrement dépenser à St-Jérôme. Les retombées économiques sont donc importantes A lui seul, le chiffre d’affaires d’En Scène, pour l’an dernier, se situe à environ 1.4 millions de dollars. Je crois que la population en général est consciente de cet apport. Et encore davantage de l’envers des la médaille, que fait cruellement ressortir un taux de fréquentation aussi important : l’absolue et urgente nécessité d’une salle de spectacle de qualité professionnelle, moderne et dédiée à cet usage. La salle utilisée actuellement, celle de la Polyvalente, ne suffit tout simplement plus face à l’abondance et à l’importance du flux de spectateurs qui y déferlent chaque année. Les bancs, bien que rafraîchis, n’arrivent plus à tenir le coup. Leur confort est sommaire. L’absence de ventilation et d’accès commode pour le matériel font souffrir clients et artistes et interdisent toute diffusion l’été. Rarement a-t-on vu un projet susciter une approbation aussi unanime. Déjà, en 2006, un sondage révélait que les personnes interrogées étaient très fortement majoritaires à appuyer le projet, même en faisant appel à des deniers publics. Depuis, le dossier s’est démocratisé et tout le monde reconnaît le déficit de notre région à cet égard. Pourtant, le dossier piétine. La Ville de St-Jérôme a adopté il y a près de deux ans déjà une résolution requérant l’apport du Ministère de la culture. Plus récemment, la Ministre Christine St-Pierre a reconnu le bien fondé du projet et déclaré disposer d’une somme de 9 millions de dollars (environ la moitié du projet) pour mener à bien ce dossier. Il semble que ce soit la forme qui pose problème, la Ville exigeant un PPP que le Ministère n’est pas prêt à supporter. Devant un projet disposant d’une assise populaire aussi importante, espérons que les discussions entre politiciens ne tournent pas en un dialogue de sourds et que tous sauront garder à l’esprit l’intérêt supérieur de la région. C’est une question de respect envers ceux qui les élisent. Denis Lapierre est avocat associé à l’étude Lalonde Geraghty Riendeau Lapierre de Saint-Jérôme et Président du conseil d’administration d’En Scène. LE DROIT DE MOURIR
Par Denis Lapierre
L’Écho du Nord, publié le 29 juillet 2009 Le cas récent de l’Italienne Eluana Englaro, que les proches ont obtenu judiciairement le droit de laisser mourir en cessant de l’alimenter artificiellement, après 17 ans de coma, remet à l’avant-plan la difficulté d’agir en lieu et place d’une personne immobilisée. Denis Lapierre est avocat associé à l’étude Lalonde Geraghty Riendeau Lapierre de Saint-Jérôme et Président du conseil d’administration d’En Scène. Par Denis Lapierre
L’Écho du Nord, publié le 21 janvier 2009
Êtes-vous allé en Floride dernièrement? C’est en revenant de là, au printemps dernier, que ca m’a frappé. Ce n’était plus le froid ou la neige qui m’apparaissait le plus dépaysant de retour au pays. C’était de retrouver l’impatience, l’arrogance ou la grossièreté de beaucoup de conducteurs québécois. Est-ce parce que la Floride est riche, que le niveau d’âge y est élevé? Pourtant, les gens dans la rue, de tous les âges ou les commis de magasins, quelque modeste que soit leur condition, nous y gratifient très souvent d’un sourire ou d’un bonjour que l’on retrouve de moins en moins ici. Sommes-nous pire qu’ailleurs? Ma secrétaire est européenne et, selon elle, la situation est bien pire dans certains pays d’Europe où les gens n’en peuvent plus de composer avec le stress et la pression, qui les transforment en êtres égocentriques et désagréables. A l’opposé, ce serait l’Afrique qui recevrait la palme du continent réputé le plus courtois. Une question d’âge alors? Il est facile de pointer les jeunes du doigt. Il est vrai que plusieurs d’entre eux ignorent bien des règles d’étiquette. Au resto, au volant ou en public, les accrocs sont nombreux. Leur façon d’accueillir le client dans certains commerces est souvent quelque peu « tutoyante » et ils tombent facilement en mode défensif face à des remarques ou réclamations de clients. L’époque où le client était roi semble révolue au profit de l’enfant roi. Mais regardez-y à deux fois. Dans un restaurant, comptez le nombre d’hommes d’âge mur portant leur casquette visée sur le crâne. Regardez l’âge de la personne qui vous coupe la route au volant de sa voiture ou qui, comble de grossièreté, crache par terre sur la rue. Il est bien difficile de reprocher aux enfants de ces personnes de manquer de courtoisie…. Une simple question de considération Si le problème n’est relié ni à l’âge, ni à la condition économique, ni à la géographie, d’où vient-il? Il me semble que cela doit nécessairement être relié à l’éducation, et au degré de stress auquel chacun est soumis. La question de l’éducation est fondamentale et évidente. Cet enseignement doit se faire à la maison, au quotidien, dès le plus bas âge. Il semble que nous ayons transformé la valorisation de l’individualité en simple égoïsme, oublié les obligations qui vont de pair avec les droits. Je crois aussi que la société est arrivée à un degré de fébrilité, de stress, et de volonté de performance qui frise de très près les limites de la capacité humaine. Cela explique peut-être que les sociétés les plus avancées technologiquement soient aussi celles qui connaissent les pires difficultés à ce niveau.
Denis Lapierre est avocat associé à l’étude Lalonde Geraghty Riendeau Lapierre de Saint-Jérôme |
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